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Un peu d’Angleterre, d’Etats-Unis et de Canada à Jemappes

Olivier Bachus a eu plusieurs vies : d’abord cuistot dans la marine, lors de la guerre du Golfe, puis chef ou second dans les cuisines de prestigieux hôtels irlandais, français et américains, il est finalement revenu en Belgique pour ouvrir sa propre épicerie anglo-saxonne : Allcook, à Jemappes. Fort de ses voyages, il a ramené un peu d’Angleterre, d’Etats-Unis et de Canada pour ses clients expatriés. Et ça marche ! L’épicerie va bientôt aménager un espace pour les ateliers et dégustations.
Des céréales Lucky Charms, des scones, la « Bièraubeurre » d’Harry Potter, de la poutine… Et pourtant, vous êtes bien à Jemappes ! Dans sa petite épicerie, Olivier Bachus, 52 ans, propose toutes sortes de produits anglo-saxons qui peuvent manquer aux expatriés vivant en Belgique. « J’ai remarqué que quand j’étais à l’étranger, certains produits de chez moi me manquaient, comme le fromage… Et quand je suis rentré en Belgique, c’était l’inverse ! Certains produits que j’avais l’habitude de manger là-bas me manquaient aussi », indique Olivier Bachus. C’est ainsi que lui est venue l’idée d’importer des produits anglo-saxons. « Parmi mes clients, il y a des expatriés, des Belges qui ont beaucoup voyagé, des gens du Shape, de chez Google, des clubs celtiques ou country… » détaille le Jemappien.

La Bière au beurre, la bière d’Harry Potter ! - A.U.
« De la vraie poutine »
Parmi ses spécialités, on trouve du véritable haggis frais écossais : « C’est de la panse de brebis farcie. Ça se mange avec de la purée et une sauce à la viande. Sinon, j’ai aussi des scottish pies (tourtes à la viande hachée) et ce qui a pas mal de succès, c’est la poutine ! On vend la poudre qui, mélangée à de l’eau, permet de faire la sauce de la poutine et surtout, on est les seuls à vendre le fameux fromage en grains indispensable à ce plat ! Il est produit à Thoricourt », souligne fièrement Olivier Bachus.

La boutique est située au 795, avenue Maréchal Foch à Jemappes. - A.U.
Des « english evenings »
Pour aller plus loin, Olivier Bachus participe chaque mois à l’english evening du Citizen Fox à Mons. « C’est organisé par une amie, Amy Gorton. C’est une soirée où on parle anglais tous ensemble. On peut rencontrer des Américains, des Anglais, Australiens, profs de langues… Il y a des personnes de tous les âges ! Et le prochain se tient justement ce jeudi soir », précise-t-il.

produits typiquement anglais et irlandais. - A.U.
Le Jemappien bouillonne d’idées pour son épicerie : « Je vais aménager ma cuisine pour faire des ateliers, des dégustations, notamment de bières anglaises et fromages… Et j’ai déjà aménagé le jardin pour recevoir les gens. »
Un espace de dégustation
Au-delà des produits anglo-saxons, Olivier Bachus réfléchit à étendre son offre : « Je voyage beaucoup et je suis toujours à l’affût de nouvelles idées. Je suis allé en Finlande cet été et j’ai un peu prospecté. D’ici 15 jours, je pars au Danemark et je vais aussi regarder à d’éventuels produits que je peux ramener ».
MERCREDI, JANVIER 8, 2020 - 18:30

«J’étais à New-York lors des attentats»
Olivier Bachus a beaucoup bourlingué dans sa vie. Il s’est découvert une passion pour la cuisine dès le plus jeune âge. « Quand j’étais enfant, j’avais un oncle qui était cuisinier dans la marine. Moi, j’étais fasciné par les voyages et la cuisine qu’il pouvait faire. Je suis donc allé dans une école d’hôtellerie à La Louvière, après quoi j’ai fait mon service militaire dans la marine. J’ai été envoyé comme cuisinier et steward à la guerre du Golfe... J’avais 19 ans et j’étais sur un bateau chasseur de mines », relate le Jemappien, qui est ensuite rentré un peu en Belgique.
Il enchaîne alors différents boulots : sur un bateau de livraison entre l’Ecosse et la Bretagne, dans une banque, G.O. dans un club Med en Sicile,...

4 ans en Irlande
Après quoi Olivier Bachus a décidé de tout plaquer : « Je suis parti en Irlande sur un coup de tête, sans même parler anglais. En une semaine, j’ai trouvé un travail dans un hôtel, puis la semaine suivante un logement. Je suis resté deux ans à Galway ». Après une parenthèse comme saisonnier dans les montagnes françaises, le cuistot retourne en Irlande. « Je suis resté deux ans à Cork, j’étais second de cuisine dans un hôtel. Puis j’ai vu une offre d’emploi comme chef de cuisine dans un hôtel de New-York. Quand j’ai vu le nom du directeur de l’hôtel, j’ai compris que c’était quelqu’un qui était à l’école avec moi à La Louvière ! » Une coïncidence qui l’envoie tout droit à New-York, où il reste jusqu’en 2001... « J’ai passé presque deux ans aux Etats-Unis et je travaillais dans un restaurant de Tarrytown lors des attentats. Depuis les baies vitrées du restaurant, tout le monde était rassemblé et on a vu les tours s’effondrer », se souvient-il.
Dans un palace à Paris
Après ces événements, il est rentré. « J’ai trouvé une place à l’hôtel réputé de Crillon à Paris, près des Champs Elysées. J’y suis resté quelques mois sans vraiment me plaire, puis je suis parti à Saint-Barthélémy. Je travaillais dans un « Relais & Châteaux », puis j’ai tenu un restaurant à Perpignan... »
Olivier Bachus a fini par rentrer au bercail. « En Belgique, il y avait ma famille et je me suis dit qu’il était peut-être temps de construire quelque chose. J’ai trouvé une place comme cuisinier particulier au Shape, pour l’Air Vice Marchal. J’y suis resté 8 ans. J’ai acheté une maison à Colfontaine que j’ai complètement retapée, puis j’ai lancé mon projet à Jemappes. L’épicerie est ouverte depuis 2 ans », conclut-il.